LinkedIn peut-il chasser sur les terres de Twitter ?
Twitter a tendance à agacer dernièrement, et visiblement ses utilisateurs aussi. Quoi qu’il en soit, LinkedIn, de son côté, a réalisé ces derniers mois de nombreux changements qui lui ont été bénéfiques. En parallèle, Twitter a fait certains choix qui ont également, je pense, rendu un grand service au réseau de Jeff Weiner qui tend à devenir un outil de partage d’informations professionnel à l’instar de ce qu’est ou, du moins, peut être Twitter.
Je m’explique.
Quand le gazouillis devient une cacophonie
Twitter est aujourd’hui connu pour être l’outil numéro un des professionnels de l’information pour communiquer. Toutefois, il est également de notoriété que le gazouillis continu de notre réseau s’apparente souvent à un brouhaha. L’information pertinente est diluée dans une masse de tweets plus ou moins pertinents, eux.
Or, en juillet dernier, je vous rappelle qu’une refonte complète de l’interface a été engagée en commençant par la page d’accueil. Celle-ci a effectivement pris des couleurs de newsfeed à la Twitter. La page se présente désormais comme étant plus moderne, plus simple et donc plus propre en ce qui concerne la lecture des actualités. Les mises à jour se font en temps réel, ce qui enrichit considérablement le flux d’informations.
Donc, le contenu est proposé dans un feed comme sur Twitter, mais la nature de l’information, réseau professionnel oblige, n’est pas parasitée par d’autres contenus qui n’ont rien à voir. D’autre part, comme le note Cameron Yuill dans son article, avec la fermeture de l’API Twitter et la disparition des tweets sur LinkedIn, on augmente cette chance de moins parasiter le flux LinkedIn.
Twitter desservit par ses restrictions
En outre, cette nouvelle restriction de la part de Twitter va forcer les internautes à faire un choix.
Au moment de partager du contenu, nous allons devoir nous demander si cette information est susceptible d’intéresser davantage mes contacts LinkedIn issus en majorité de mon industrie ou toutes les personnes présentes sur mon compte Twitter où les profils sont beaucoup plus divers ?
La réponse peu sembler évidente en théorie. Dans la pratique, le volume utilisateur est nettement plus élevé chez Twitter (550 millions contre 150 millions en juin 2012) et les comportements sont déjà bien ancrés. Toutefois, on peut imaginer que l’arrivée d’une population plus jeune sur Twitter ou la monétisation intensive du réseau va pousser les power-users et les professionnels à migrer vers une plate forme plus adéquate.
Les pages LinkedIn sur le modèle Facebook ?
Dernier point essentiel, la refonte récente des pages entreprises pourrait permettre propulser la communication des entreprises à un niveau semblable à celui de Facebook par rapport à l’offre de contenu :
- On note l’apparition d’une couverture et d’un environnement plus visuel à l’instar de Facebook.
- Une meilleure répartition des rubriques et des actualités
- La page carrière offre la possibilité de devenir un instrument de storytelling en mettant en valeur l’histoire de la marque.
- Des recommandations des utilisateurs, notamment de mes contacts.
Doucement, mais surement, on sent que bientôt les questions d’engagement et d’affinité vont pouvoir se poser avec les pages entreprises de LinkedIn.
Pour le moment elles restent un moyen pour une marque de créer un espace professionnel destiné à une communication essentiellement BtoB ou “Business to Employees”. L’afflux d’utilisateurs, l’augmentation du flux de mises à jour et l’amélioration de l’ergonomie des pages vont, je pense, bientôt permettre à ces marques de penser stratégie de contenus pour capter une audience solide sur leur page.
Conclusion
Ma conclusion n’est pas que LinkedIn est devenu le nouveau cheval de bataille des marques, mais je pense, en revanche, que les marques, mais aussi les professionnels, ont tout intérêt à se pencher sur LinkedIn qui a beaucoup à offrir en termes d’opportunités. Si Twitter reste la référence, je continue de penser qu’il est possible que dans un avenir proche s’opère un déversement significatif d’une certaine partie de l’activité de Twitter vers LinkedIn. Une innovation qui pourrait encourager ce déversement serait le développement d’un client web ou desktop du flux d’actualité de LinkedIn afin d’inciter les gens à l’utiliser comme un Twitter-like.

