Refonte de MySpace : Une question de timing
C’est l’info du jour, MySpace renait de ses cendres. Après avoir été vendu pour une bouchée de pain (35 M$) à Tim and Chris Vanderhook de la régie publicitaire Specific Media mais aussi à… Justin Timberlake. Rappelez-vous, MySpace était estimé à 65 milliards à son apogée. Quoiqu’il en soit les acheteurs avaient laissé entendre leur souhait de redonner une vie au réseau social. Aujourd’hui c’est chose faite et ça ne pouvait pas mieux tomber.
Facebook financièrement mal en point
Ce n’est un secret pour personne, suite à son IPO Facebook a vu son action chuter pour atteindre ce week-end la somme de $15. Lors de son entrée en bourse au premier semestre l’action était vendue, non sans optimisme, à $38.
La principale raison de cette chute sans fin semble être l’incapacité pour Facebook à prendre le virage du mobile malgré ses “acqui-hires”. La monétisation du réseau semble également poser problème même si les diverses mesures adoptées pour accroitre les revenus publicitaires comme les Sponsored Stories, la sortie de la Beta du Facebook Exchange, les Facebook Offers etc. peuvent ouvrir de nouvelles opportunités pour les annonceurs.
En outre, comme le souligne cet article, les investisseurs s’empressent de revendre leurs parts comme le montre un document financier officiel.
Facebook confronté aux gouvernements
Le dispositif de reconnaissance faciale mis en place sur Facebook censé (vous fliquer ?) “faciliter” le tagging de ses amis sur Facebook est d’ores et déjà actif. Cependant cette semaine le Data Protection Commissioner basé en Irlande a demandé à Facebook de désactiver la reconnaissance faciale en Europe.
Le verdict est sans appel : aux vues des dangers que comporte la reconnaissance faciale, celle-ci disparaîtra des comptes européens avant le 15 octobre prochain.
Twitter ferme son API et agace
Ce week end, à la Online News Association, Dick Costolo, CEO de Twitter, a rappelé que Twitter allait devenir un média à part entière. De ce fait, Twitter contraint les utilisateurs à aller directement sur le site ou exploiter le service via les applications officielles.
C’est en cela que les restrictions sur les API, appliquées plus tôt cet été, seraient donc un moyen de “contrôler la qualité du service déployé afin de permettre à l’expérience Twitter d’atteindre tout son potentiel”.
C’est surtout un moyen de rediriger les revenus publicitaires vers la plateforme et les applications officielles. Ce faisant, en parallèle, on a pu voir de nombreux services comme IFTTT, LinkedIn ou Tumblr être contraints de désactiver leurs interactions avec Twitter.
Bref, toutes ces mesures tendent à agacer les développeurs mais également les utilisateurs qui n’aiment pas voir leur expérience du réseau modifiée au profit des annonceurs. Une opportunité pour MySpace de récupérer ces publics mécontents ?
La nouvelle génération de médias sociaux est sur les rails
Comme expliqué ici, le web 2.0 a atteint un point où ses précurseurs tendent à s’éloigner d’une idée originelle, d’une philosphie. La culture de la monétisation par la publicité a fait son chemin au détriment de l’expérience utilisateur. C’est pourquoi certains, en réaction à ce phénomène, ont pris le parti de lancer de nouvelles plateformes porteuses de nouvelles philosophie, basées sur la mise en avant du contenu et de l’expérience utilisateurs. Ainsi on a vu arriver les petits nouveaux des médias sociaux comme App.net, Medium, Branch, etc.
Compte tenu des visuels apportés par MySpace il n’est pas impossible que le nouvel-ancien service s’inscrive dans cette lignée.
Le #bugFacebook
Le #bugFacebook ou #Facebookfail a déchainé les TL hier. Des messages privés datant de 2009 auraient été rendues publiques sur nos Timelines. Facebook se défend en clamant haut et fort que ces messages étaient bien publiques et qu’il n’y a eu aucune faille. Vrai ou non, Grégory Pouy spécialiste du marketing digital propose une analyse tout à fait intéressante du caractère symptomatique de cet événement. Selon lui :
“Facebook est de plus en plus vu comme un « Big Brother » en lequel les gens n’ont pas confiance. Personne n’attend de savoir si cela est vrai ou pas, Facebook génère du désamour et de la crainte. Hier, on a pu lire des messages tels que « je comprends pourquoi j’ai quitté Facebook » ou « Facebook me donne encore une raison de les détester »
D’ailleurs, meme si Facebook arrive à prouver que cette information était fausse, le mal est fait (cela me fait penser à la crise de Dominos Pizza en 2009) et dans l’esprit des internautes, il va falloir se méfier d’autant plus du réseau social et de ce que l’on partage en ligne.
C’est intéressant de voir que malgré les démentis, les internautes n’ont pas confiance et cela a beaucoup d’importance pour la compréhension de l’avenir de Facebook.”
Ce déficit de confiance qu’inspire Facebook sera sans doute profitable à MySpace…
Et MySpace dans tout ça ?
MySpace a donc parfaitement choisi son moment pour annoncer sa nouvelle version puisqu’elle s’engouffre dans un créneau particulièrement profitable. D’un coté, Facebook tend à perdre la confiance de ses investisseurs et de ses utilisateurs. De l’autre, Twitter perd en capital sympathie en prenant le parti des annonceurs plutôt que celui de ses utilisateurs et développeurs. Enfin, MySpace a su saisir l’opportunité de la vague des nouveaux médias sociaux qui laissent espérer un vent de fraîcheur sur ce secteur.
Sources : MédiasSociaux.fr , MyCommunityManager, Fredzone, Grégory Pouy,
