Twitter fait cavalier seul, tant pis pour vous !
Le 6 septembre dernier, Twitter dévoilait la version 1.1 de son API et la nouvelle version de son guide à l’attention des développeurs, Developer Rule of The Road. Grosse surprise, les restrictions deviennent plus sévères, à tel point qu’un certain malaise (et c’est un euphémisme) semble s’être installé. D’ailleurs, certaines règles n’ont pas manqué d’en frustrer plus d’un.
Tout d’abord, un développeur déployant les fonctions de base du réseau social dans une application tierce, en gros en développant un client tiers, devra se contenter de 100 000 utilisateurs avant d’être obligé de collaborer plus étroitement avec Twitter.
De plus, si le réseau encourage la création d’applications dédiées au social CRM ou, par exemple, à l’analytics, Twitter stipule clairement que « les développeurs ne doivent pas imiter ou reproduire l’expérience consommateur de Twitter ». On ne sait pas exactement ce qui arrivera à celui qui ose transgresser les règles, mais on imagine qu’il s’attira les sept plaies d’Égypte et qu’accessoirement son application risque d’aller à la poubelle.
Mais pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Les requêtes API vont également être limitées par heure. Donc les développeurs peuvent tout à fait réaliser leur propre application d’analytics…mais attention pas d’analyse en temps réel ! C’est intéressant, surtout pour un média basé notamment sur l’instantanéité de l’information.
Enfin, Twitter a décidé d’imposer des prérequis aux développeurs pour leurs applications en matière d’interface, notamment avec des règles d’affichage des tweets, retweets, etc. La liste de ces prérequis va bien sur s’agrandir, sinon ce n’est pas drôle.
Dernière chose, amis développeurs vous avez 6 mois pour rentrer dans le rang.
Bien évidemment, ces nouvelles restrictions, au-delà de la mise en avant d’une « expérience cohérente », sont surtout là pour optimiser la monétisation du réseau. En se rapprochant d’une app tierce populaire, Twitter va ainsi pouvoir y forcer l’intégration des dispositifs publicitaires et s’assurer que l’argent ne se disperse pas.
Du côté des utilisateurs, on peut se demander quelles vont être les conséquences. D’abord on risque de voir notre marge de manœuvre se réduire considérablement au moment de choisir un client Twitter qui nous convienne. Notons que Twittie et Tweetdeck ont d’ores et déjà été rachetés par Twitter.
Mais ce qui m’inquiète c’est surtout la disparition progressive de services pourtant utiles : d’abord la rupture avec LinkedIn, Tumblr a suivi, Tweetbot également, Flipboard sera probablement le prochain… Bref, c’est tout un écosystème qui tend à s’effondrer au profit des annonceurs, ce qui n’est pas un problème en soi sauf quand c’est au détriment des utilisateurs et des développeurs (les mêmes qui, au passage, ont contribué à rendre le réseau si populaire).
